Franchise médicale Pour ou Contre ?
Je dois avouer que je suis embêtée, bien entendu je suis contre car après la journée de solidarité, cette franchise sera "supportée" plus lourdement par les familles étant juste au-dessus des minima sociaux et tirant de plus en plus la langue pour finir la fin de mois...
Mais sur le fond je suis pour, je vais exceptionnellement vous parler de moi ou plutôt de ma grand-mère âgée de 74 ans et atteinte de la maladie d'Alzheimer.
Cela fait maintenant 14 ans qu'elle a cette maladie, au début des pertes de petites pertes de mémoires puis malgré une volonté de fer de sa part pour essayer de faire travailler sa mémoire par lectures, mots croisés, poésies etc.. (afin d'éviter une dégénérescence trop rapide) la maladie a fait son chemin irrémédiablement elle a détruit ..
Et ma grand-mère oubliait de plus en plus..
Habitant seule chez elle a plus de 80 kilomètres de chez moi , difficile d'y passer tous les jours, alors on a eu recours à l'aide à domicile.. 2 heures par jour et oui ! C'est mieux que rien mais que faisait-elle pendant les autres 22 heures seule chez elle sans surveillance...
Cette surveillance ou plutôt cette non surveillance est confiée à la famille ou aux amis car la maladie d'Alzheimer c'est toute la famille qui est touchée et concernée..
Puis advient le moment où ce n'est plus possible de la laisser seule chez elle, trop dangereux.. Que faire ? où la mettre ?
Mes parents on accueillit ma grand-mère chez moi, pendant près de 2 ans, petit à petit son cerveau se vidait.. nous nous relayions pour l'aider et la surveiller... Difficile, fatiguant, éprouvant de voir quelqu'un que l'on aime devenir ainsi..
Puis ce fut le drame, nous ne pouvions plus la garder avec nous trop dur, ma grand-mère se sauvait, devenait agresive lorsque ma mère voulait la nettoyer car elle s'etait "oubliée" sous elle, voulait la laver, l'habiller (car elle se déshabillait sans arrêt) etc..
Nous avons trouvé une maison de retraite, elle y ait depuis février 2007..
C'est horrible de la voir dans cette structure qui est un "mouroir", elle a régressé énormément ayant perdu les derniers points de repères qu'elle avait..
Elle ne nous reconnait plus et marche sans arrêt en nous disant qu'elle aimerait mourir...
A chaque fois que nous y allons , nous sommes effondrés....
Je tenais à vous raconter tout cela , simplement pour confirmer les propos des responsables de l'association France Alhzeimer , il est bien de financer la recherche envers cette maladie mais avant tout il serait bien de financer des structures adaptées, de créer des postes en conséquence avec du personnel formé à cette maladie..
Concernant la prise en charge des aides pour le maitien à domicile, il ne fait pas oublier que cette aide A.P.A est financé par le conseil général (donc par le département avec des prises en compte financière différente d'un département à l'autre selon l'intérêt et le budget de chaque département).
Il serait bien que l'état participe aussi à cette aide.
Personnellement, je ne crois pas que le fait d'obliger une participation financière suplémentaire ( après la journée de solidarité) à tous les français aidera l'intégration des personnes handicapées et dépendantes dans notre société..
Je ne pense pas que financièrement cela suffira à combler le retard (structures, personnels, recherche ...) accumuler par rapport à d'autres pays Européens..
Je pense que l'Etat et les institutions pourraient faire des économies (transport, réception, communication qui sont des budgets énormes et ce sont toujours la même catégorie de personnes qui mangent les petits fours...) qui permettraient sûrement de financer la 5ième branche de la sécurité sociale.. A méditer !
Je vous joins ci-dessous un article de presse concernant l'annonce d'un plan Alzheimer financé par une franchise médicale.
Nicolas Sarkozy annonce un "plan Alzheimer" financé par un système de "franchise médicale"
Priorité à la recherche médicale, détection plus précoce et amélioration de la prise en charge des patients: telles sont les principales orientations du plan Alzheimer lancé mardi par Nicolas Sarkozy. Le président de la République a demandé au professeur Joël Ménard de présider la commission chargée d'élaborer les mesures contre cette maladie neurodégénérative, qui seront financées par un système de "franchise médicale".
Une annonce qui a suscité un certain scepticisme au sein de l'association France Alzheimer. Fort de plus de 20 ans d'expérience sur le terrain, le mouvement souhaite participer à l'élaboration de ce plan, en soulignant "l'urgence" d'accompagner les familles qui "n'en peuvent plus". "Sauver ceux qui sont en train de se noyer" aujourd'hui par des solutions "immédiates" est un enjeu aussi fondamental que celui d'"anticiper" et d'"investir" en faveur de la recherche, observe Guy Le Rochais, porte-parole de l'association.
En France, la maladie d'Alzheimer et les syndromes apparentés touchent environ 855.000 personnes, selon la dernière estimation reconnue (Office parlementaire d'évaluation des politiques de santé). Mais l'association France Alzheimer parle d'un million de malades.
Le nombre de nouveaux cas, chaque année, est évalué à un peu plus de 225.000, ajoute-t-elle, soulignant qu'on estime globalement qu'il y aura 1,2 million de malades en 2020 en France et environ 2,1 millions en 2040.
Lors de la campagne présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy avait estimé qu'il fallait amener le Plan Alzheimer au même niveau que le Plan cancer. Souhaitant que le plan Alzheimer comporte "un volet recherche extrêmement ambitieux", le chef de l'Etat a souligné mardi lors d'un déplacement à Dax (Landes) la nécessité de "donner les moyens à nos médecins de trouver la solution". "L'objectif doit être la découverte, en France, d'un diagnostic validé et d'un traitement à l'efficacité indiscutable", a-t-il dit.
Nicolas Sarkozy a demandé au Pr Joël Ménard, ancien directeur général de la Santé de rassembler "les meilleurs experts" pour "proposer les premières orientations du plan pour le 21 septembre 2007", date de la journée mondiale de la maladie d'Alzheimer. Au ministère de la Santé, on précisait dans l'après-midi que le plan serait présenté avant la fin de l'année.
Son financement passera par les franchises médicales que veut mettre en place Nicolas Sarkozy. Le président a fixé comme plafond 50 euros par assuré et par an, évoquant "sur chaque recours au système de santé, une participation forfaitaire de 50 centimes par boîte de médicaments, de 50 centimes sur les actes paramédicaux, et de deux euros sur les transports sanitaires".
Selon le ministère de la Santé, cette franchise entrera en vigueur l'an prochain. Les personnes les plus modestes, bénéficiaires de la couverture maladie universelle, et les enfants en seront dispensés.
Mais ce mode de financement laisse dubitative Arlette Meyrieux, présidente de l'association France Alzheimer. Reçue lundi par le Premier ministre François Fillon, Arlette Meyrieux a dénoncé des "retards" dans tous les domaines de la lutte contre la maladie neurodégénérative, évoquant notamment le "ratio de personnel", point sur lequel "il y a un effort énorme à faire".
Les réponses à apporter aux familles sont "aussi importantes que la recherche", a-t-elle dit à l'Associated Press. "Aujourd'hui, on est dans l'attente de la prise en considération de cette souffrance, de cet épuisement des familles. Et là, pour l'instant, je n'ai pas beaucoup de réponses".
Arlette Meyrieux a insisté sur l'inadaptation des maisons de retraite, où trop peu de places sont selon elle réservées aux malades, alors que "80% des pensionnaires sont atteints d'une maladie d'Alzheimer ou apparentée". Elle a aussi déploré notamment le manque de structures d'accueil de jour de proximité pour 70% des malades qui vivent à domicile.
A Dax, Nicolas Sarkozy a aussi annoncé la création d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour "prendre en charge la dépendance des personne âgées et handicapées", et plaidé pour que la garantie du "libre choix entre maintien à domicile et l'hébergement en maison de retraite" soit apportée à chacun.
Source AP
Je terminerai en remerciant le Conseil Général de l'Eure qui consacre une part importante de son budget à l'aide A.P.A et au handicap.
Merci ! à Anne Mansouret vice-présidente du conseil général de l'Eure pour l'intérêt sincère qu'elle porte au handicap, à la dépendance et aux personnes âgées..
Merci d'oser "monter" au créneau pour défendre ces "minorités".C'est que nous attendons d'un élu , oser même si ce n'est pas "rentable" électoralement mais tout simplement par conviction et sincérité. Hélas vous êtes peu nombreux à le faire ...
Alors Chapeau ! Madame MANSOURET et MERCI .