Anne Mansouret et Lucien Vochel Préfet Honoraire d'Ile de France
Le dimanche 24 août 2008 Anne Mansouret a été décorée des insignes d'officier de la Légion d'Honneur
Une pointe d'émotion? Oui , sûrement mais surtout ne rien laisser paraître et continuer ...
Anne a été égale à elle-même, c'est ce que j'apprécie , elle ose dire ...
Je vous laisse savourer son discours ci-dessous:
" Wouah...Ca l'fait grave...la rosette...Pour une socialiste !
Bon, je vous l'accorde bien volontiers, j'ai largement dépassé l'âge de m'exprimer ainsi...
Mais...Je vais vous faire une confidence :
Depuis ma plus tendre enfance, parce que j'étais l'aînée, parce que c'était dans l'air du temps, je devais « montrer l'exemple », être responsable, appliquée, me contrôler, soigner ma façon de m'habiller, de me comporter... C'est devenu, avec le temps, une seconde nature.
Et je me disais toujours...Quand je serai vieille...promis, juré...je serai une vieille dame indigne !
Et bien...C'est fichu ! Vieille dame indigne, c'est totalement incompatible avec officier de la Légion d'Honneur ! Officier de la Légion d'Honneur, ça vous impose de la dignité jusqu'à la fin de vos jours !
C'est donc très solennellement que je renonce dorénavant, à réaliser mon phantasme de Tatie Danièle atrabilaire et déjantée et que je vais vous exprimer comme il se doit, mes remerciements.
Je le ferai néanmoins de façon inhabituelle et peu protocolaire, ce dont je vous prie, Monsieur le Préfet, Monsieur le Président, Monsieur le Maire...et vous aussi, Monseigneur... de bien vouloir m'excuser.
Merci à ceux qui n'ont pas pu être là, et qui se sont excusés :
Le président Le Vern, représenté par Michel Ranger, Roland et Marianne Plaisance, François Leprince Ringuet, Pierre Vittori, José Haas, Serge Bontemps, Jean-Claude Rousselin, Isabelle Guéneau, tous les élus qui sont retenus dans leur commune, Alain Huard, Yves-Marie Rivemale, Guy Corteel, Jean-Paul Bois, Monique et Louis Payre, Jean-Claude Vinet, qui me fait gentiment le reproche de l'inviter... le seul jour où travaillent les curés !
Pardon à tous ceux que j'oublie...et qui m'ont adressés des messages de félicitations dès la parution du Journal officiel.
Merci à vous, Monsieur le Maire, de nous accueillir aujourd'hui ; merci à toi, Michel, d'avoir spontanément accepté que cette cérémonie se déroule dans le cadre des fêtes de la Libération d'Evreux.
Merci à vous tous, qui êtes là, aujourd'hui, pour me témoigner votre amitié et votre affection.
Merci à toi, Monsieur le Sénateur, Cher Joël Bourdin. La Bernayenne apprécie ta présence à sa juste valeur.
Merci à mon Président, Jean Louis Destans, légionnaire de la promotion de Pâques.
Merci à nos deux députés : Bruno Lemaire, qui a brillamment succédé à Jean-Louis Debré dans le rôle très enviable de « mon adversaire préféré » ; et Jean-Pierre Nicolas, qui m'a fait parvenir du congrès de Versailles une carte de félicitations, pleine d'humour, qui m'a beaucoup amusée.
Merci du fond du c½ur à celles et ceux pour qui ce n'était vraiment pas facile d'être là...merci tout particulièrement à Jean Berkani, à Agnès Vermeersch ; merci à Bertrand, qui est venu en train...à ma nièce Florence et à son fiancé Jérémie, qui se marient dans quelques jours...et à tous ceux qui ont modifié leur emploi du temps dominical pour participer à cette cérémonie.
Merci à mon quarté de fidèles camarades :
Berthe, Catherine, Corinne et Leslie.
Merci à tous mes camarades présents, ceux d'Evreux et d'ailleurs. Cette promotion est un peu la leur.
Merci à mes vieux compagnons de campagne du sud de l'Eure : A Jacques Demaire, à Jean Lobry, à Jacques Esprit, et à tous ceux qui m'ont aidé dans le département. Merci à Madame Thomas, qui, dès le 20 juillet se mettais à coudre mes rosettes ! A Bernard Gerlach, qui m'a annoncé ma promotion dès le 12 juillet au matin !
Merci pour vos fleurs et toutes les attentions que vous m'avez témoignées.
Mais il y a une catégorie d'amis sincères que je ne voudrais pas oublier de remercier. Ceux qui, soucieux de votre santé, tiennent à vous éviter la grosse tête et les chevilles qui enflent.
Leur thérapie consiste à vous assener des réactions qui pourraient sembler perfides, mais qui ne sont dictées que par une amicale sollicitude :
Il y a ceux qui vous disent : « Ah, bon...tu l'as acceptée ? Moi, on me l'a proposée vingt fois...J'ai toujours refusé. Tu sais, moi, les décorations... »
Ceux qui, feignant la confusion, vous demandent, candides : « On t'a donné la rosette ? Mais...Pourquoi ? »
Ceux enfin, qui prennent un air soucieux, tracassé, et qui vous sortent :
« Ca ne te pose pas de problème, d'être dans la même promotion qu'Ingrid Bettencourt ? Tu me diras...Ca vaut mieux que Sylvie Vartan ou Céline Dion...La Légion d'Honneur, maintenant, on la donne à n'importe qui...c'est follement tendance chez les people depuis que Sarko a épousé Carla... »
A ces bons amis,
Je voudrais répondre en quelques mots, parce qu'il règne effectivement un certain nombre d'idées fausses au sujet de la Légion d'Honneur.
Sauf, bien évidemment, à titre posthume, on ne peut recevoir la Légion d'Honneur à l'insu de son plein gré...comme dirait l'autre !
A l'exception de quelques poètes romantiques, comme Gérard de Nerval ; anarchistes, comme Prévert, Brassens, Ferré, ou encore de Marcel Aymé, qui répondit à Vincent Auriol : « Quant à votre Légion d'honneur, monsieur le président, sauf votre respect, vous pouvez vous la carrer dans le train... »
En réalité, très rares sont ceux qui refusent cette distinction. En fait, ceux qui la refusent sont en général suffisamment célèbres pour qu'on sache qu'ils ne l'ont pas acceptées ; sinon, à quoi cela rimerait-t-il de la refuser ?
L'immense majorité de nos concitoyens font au contraire usage de toutes leurs relations pour obtenir nomination, puis promotion.
Je dois confesser que n'étant ni poète, ni anarchiste, j'ai fait partie de cette immense majorité ; et à ce stade de mon propos, je souhaiterais remercier le préfet Lainé, qui a instruit mon mémoire de proposition, et vous aussi, Monsieur le Préfet, qui avez récupéré le dossier un an plus tard.
Sans oublier ma fille Tristane, qui a chanté les louanges de sa maman à son copain Barbelivien, lequel est pote avec qui vous savez...et puis, last, but not the least, Lucien Vochel, mon parrain, qui lui aussi possède de solides relations à la Grande Chancellerie.
Encore convient-il d'avoir eu un long parcours de vie qui justifie une distinction émérite, puisque la Légion d'Honneur est attribuée sur proposition d'un ministère en référence avec vos activités.
En ce qui me concerne, je dois la Légion d'Honneur à trois ministres du Travail : Martine Aubry, qui m'a proposée au grade initial de chevalier, Jean-Louis Borloo pour la promotion au grade d'officier, et Xavier Bertrand, qui a pris sa succession rue de Grenelle.
A l'origine de cet intérêt, un système de déclaration adaptée aux services à la personne, le « chèque emploi service », devenu universel avec le CESU. Je l'avais imaginé au début des années 80. Il ne vit le jour qu'en janvier 1993, grâce à Martine Aubry, et ne fut généralisé dans sa version actuelle qu'à l'initiative de Jean-Louis Borloo...
Mais stop ! Attention. Je sens que l'hypercéphalie me guette...
Nous avons vu « comment »
Nous savons le « pourquoi »
Alors passons à la question : « qui la mérite ? »
Est-il légitime que untel ou une telle, star du petit ou du grand écran, chanteur ou maître queue à la réputation planétaire, porte les insignes de la Légion d'Honneur ?
Ingrid Betancourt a-t-elle réellement rendu des services à la France ?
Nombreux sont ceux qui contestent la notion de services émérites, et se posent des questions sur les critères retenus.
Personnellement, je n'ai pas apporté de réponse totalement satisfaisante à ces questions : Tantôt j'ai honte de porter une décoration prestigieuse, alors que tant d'authentiques héros ne l'ont pas encore, et que...bon nombre de « zéro » l'arborent avec ostentation ; tantôt je me dis que si l'on retient comme critère essentiel le courage, vertu militaire s'il en est, pourquoi ne le mettrait-on pas à l'honneur sous toutes ses formes, puisqu'il conditionne toutes les qualités?
Je conclurai en vous lisant un extrait de la lettre du président de la République au Premier ministre, en date du 11 juillet 2008, relative aux ordres nationaux.
Pour la première fois de ma vie d'élue, je me suis exprimée après Monsieur le Préfet ; je laisserai donc le mot de la fin au Président de la République...et...une fois n'est pas coutume...je suis parfaitement en accord avec Nicolas Sarkozy !
« J'ai d'ores et déjà veillé à ce que chaque promotion de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite soit désormais strictement paritaire (...)
J'ai en outre arrêté deux nouvelles mesures :
– portant la plus grande attention aux personnes d'origine modeste, engagées très jeunes dans la vie active et qui, au prix de courage et de volonté, ont accédé à d'importantes responsabilités, j'ai décidé d'augmenter la promotion du Travail, dont le nombre de croix sera ainsi doublé en 2009 et triplé en 2010 ;
– sensible au rôle essentiel du bénévolat, j'ai par ailleurs décidé de créer, à l'instar de la promotion du Travail, une promotion du Bénévolat associatif. Préparée et présentée par vous, elle sera interministérielle et aura pour vocation de reconnaître et de récompenser les mérites des bénévoles, notamment dans le champ de l'éducation, de la santé, de l'action sociale et de l'humanitaire.
Je vous demande de confirmer ces orientations à l'ensemble des membres du Gouvernement et d'en assurer la mise en oeuvre. Vous veillerez en particulier à ce que les préfets mettent à contribution les mairies, les directions départementales spécialisées (action sanitaire et sociale, agriculture, équipement...), les chambres de commerce, les organismes représentatifs des entreprises, les associations (humanitaires, syndicales...), etc., afin d'alimenter et enrichir d'une manière continue – après les indispensables contrôles d'honorabilité – les choix des ministres lorsqu'ils constituent leurs promotions. Il est essentiel d'ouvrir davantage nos ordres à la réalité de la société française. »
Merci de votre attention "